Parcours de vie - Et la politique dans tout ça ? - Et alors ?
Parcours de vie
Je suis née à Talence, en Gironde, le 20 Octobre 1946, aînée d'une famille marquée par la confrontation entre un catholicisme social affirmé et un athéisme républicain très militant.

Mon grand-père maternel fut un des dirigeants du front populaire à la Fédération des fonctionnaires. Mon grand-père paternel fut un de ces hussards noirs de la République. Sans oublier une des mes grands-mères qui conduisait la voiture familiale dans les années 30, écrivait des poèmes, faisait de l'étain et de très bonnes confitures sans oublier de catéchiser dans sa paroisse.

A 15 ans, catho de gauche, je m'engageais dans le sillage de mes parents pour l'Algérie algérienne. A 17 ans, étudiante en sciences économiques à Toulouse, j'entrais à l'UNEF, celle de la belle époque, où l'on se sentait solidaire du Vietnam en particulier et du tiers-monde en général. Premières responsabilités, puisque je fus VPU (bon, en clair, je faisais déjà des études de fond pour mes petits camarades, sur la réforme Fouchet, à l'époque).

1968 me trouve apprentie "chercheuse" dans un Institut d'études de l'emploi. On n'a pas chômé à Toulouse, puisqu'on a démarré notre mai par le mouvement du 25 avril, en solidarité au leader étudiant allemand Rudi Dutschke, sur qui un néo-nazi avait tiré, le blessant très grièvement (il mourra de complications en 1979, après avoir été un des fondateurs des Grünen). Piquets de grèves, collecte des pommes de terre et entreposage dans la bibliothèque des lettres, réunions sans fin pour la réforme de l'université, manifs monstres, et nos barricades ! Et surtout, liberté, liberté ! Je perds la foi…

En novembre, je rejoins pour longtemps (j'y suis encore !) l'Université, pour moi mythique, de Nanterre, comme assistante en sciences économiques, en commençant par rejoindre le Comité d'Action avant même le Snesup (que je fonde en Sciences éco avec quelques autres collègues). C'est un peu mou à mon goût… Au bout d'un an, me voilà membre de l'organisation "mao-spontex" Vive la Révolution ! Il me faudra quelques années pour admettre que je travaille vraiment et que je ne suis pas avant tout une révolutionnaire…Dans l'intervalle je serais membre fondatrice du MLF (celui d'avant le rapt du logo par A. Fouques et son édition " des femmes ").

Suit une longue période de recentrage sur la vie personnelle et communautaire, au cours de laquelle naîtra ma fille. Il s'agit de changer sa vie…Comme nombre de soixante-huitards, il m'arrive de ne pas voter (élections piège à cons !). Comme beaucoup de ceux qui sont à l'Université, malgré la première loi d'orientation universitaire, je ne participe pas à la vie des institutions. Mais, après avoir voulu casser les murs de la fac, je découvre qu'enseigner, c'est aussi transmettre et je me plonge dans les pédagogies alternatives avec quelque bonheur.

1981 : tout semble s'ouvrir. Pour la première fois depuis 68, nous avons le sentiment de pouvoir changer la vie professionnelle au moins ! Avec quelques collègues nous créons en 82 une des premières formations en économie sociale de l'Université française, en formation continue.

Huit ans plus tard, la fonction de Directeur du service de formation continue (un service en autofinancement, avec 22 emplois sur budget propre) se libère... Je me lance avec enthousiasme, délaissant ma thèse en cours sur l'économie sociale. Envie d'agir, de sentir que je ne suis pas dans un monde clos, mais au contraire en prise avec la réalité économique et sociale. Il s'agit pour moi de mobiliser l'équipe sur la qualité du service public de formation continue. Ce sera ma première découverte des mécanismes impitoyables du pouvoir dans les organisations… Bonne préparation à la vie politique !!

Je quitterai ces fonctions en 95, victime d'un changement d'équipe présidentielle et de quelques manœuvres syndicales très basses, fondées sur la propagation de rumeurs ahurissantes… Un rapport d'audit viendra les démentir, mais trop tard…De 96 à février 2004, je m'occuperai de l'Université de la Culture Permanente. Destinée essentiellement à des retraités, elle m'a permis de découvrir le potentiel social et culturel d'une population qui aspire, après une vie professionnelle pas toujours choisie, à une vie plus riche et plus ouverte.

Je suis aujourd'hui Maître de conférences en Sciences Economiques. Mon parcours original (pédagogie et formation continue primant largement sur la recherche) a été reconnu dans le cadre d'une procédure d'intégration des Assistants Universitaires. Mes enseignements récents portent sur les thèmes suivants : Ecologie et société, Mondialisation, Construction européenne, PME et économie de marché. Il me semble toujours plus important d'apprendre à apprendre que de délivrer mon savoir ex-cathedra. Pour l'avenir, j'ai présenté aux instances de mon Université deux projets de formation, l'un professionnel, l'autre généraliste, portant sur le développement local durable et l'animation des territoires. Ils ont été validés par mon Université. Je serai occupée après mon séjour au Parlement Européen !

Et la politique dans tout ça ? Retour au sommet
Dans l'intervalle, ma vie politique, stoppée dans les années 70, a redémarré, à l'occasion de la première guerre du Golfe en 1991. Au-delà de l'analyse rationnelle, il me fut insupportable de savoir que Mitterrand laissait passer au dessus du territoire national les B-52 bourrés de napalm qui ont certainement brûlé les jeunes soldats recrutés par Saddam Hussein, laissant une génération de veuves chargées d'enfants dans la détresse. Je m'étais sentie trahie. J'avais envie de pouvoir influencer les choix politiques. Depuis longtemps sensibles aux thèmes écolo (médecines douces, tiers-mondisme, féminisme, soutien aux peuples autochtones, éducation différente…) j'ai choisi alors les Verts, en raison de leur référence à la non-violence. Et c'est assez naturellement que je me retrouvai membre de la commission Transnational. De 93 à 97, j'en serai la responsable. Nous serons l'auteur collectif de ma première plaquette de référence des Verts en matière internationale.

La question controversée de la guerre en ex-Yougoslavie m'amène à rencontrer ceux avec qui nous constituerons plus tard la sensibilité "Ecologie citoyenne", notamment Olivier Pagès, puis Jacques Caplat et quelques autres que je peux tous citer ici. Je suis alors à la recherche d'une solution politique en ex-Yougoslavie qui soit en relation avec la philosophie non violente. Ensuite, c'est un mode de fonctionnement, plus convivial et plus transparent que ce que je pouvais observer ailleurs, qui m'a conduit à continuer. C'est aussi le souci de me former à l'apport plus théorique de l'écologie dans la pensée politique, qui m'apparaissait novateur tant par rapport au discours par trop réaliste du PS que par rapport aux discours stéréotypés de l'extrême gauche. Avec eux, je serai membre du CNIR durant trois mandats (d'un an). Désireuse de déminer les nombreux conflits, je serai membre pendant une année de la commission régionale des conflits en IIe-de-France.

Nouvelle expérience en 1995 : je me retrouve membre du Comité de pilotage de la campagne de D. VOYNET, dans le sous-groupe programme.

En 97, à l'issue de l'AG de la Rochelle, Ecologie Citoyenne ayant réalisé 12% des suffrages au premier tour (deux élus au CE), j'ai été élue à la fonction de Déléguée aux Relations Internationales. Moment passionnant, avec les débuts de notre participation à l'expérience de la "gauche plurielle"…. Et poste d'observation suffisant pour voir comment l'arrivée au pouvoir, lorsqu'elle n'est pas préparée, installe des mécanismes pervers dans le fonctionnement d'une organisation comme la notre, accentuant l'écart entre philosophie politique affichée et pratique….Premiers cumuls, premières opacités, premiers arrangements avec le pragmatisme, éloignement de la réalité militante… Un des mes engagements prioritaires sur l'international au cours de ces deux ans a concerné l'Accord Multélatéral sur l'Investissement ou AMI. Le relais du mouvement de la société civile par Yves Cochet secondé par A. Sinaï a été un élément précieux qui a abouti au retrait de la France de ce projet. Un exemple réel d'articulation réussie entre associations, syndicats, citoyens et élus ! L'autre dossier sur lequel je me suis investie fut celui de l'Algérie (notamment au lendemain des accords de Rome), avec des résultats hélas moins satisfaisants !

Réélue à la fonction de Déléguée aux relations internationales en 98 sous l'étiquette Ecologie et Démocratie (la sensibilité qui a succédé à Ecologie Citoyenne et dont j'ai été animatrice. Notre score était alors de 10% face à Ouverts, de D. Voynet et Autrement les Verts avec M. Billard. Nous étions perçus plus exigeants qu'Ouverts et plus écologistes qu'ALV), je participerai en 98-99 à l'élaboration du programme de l'élection européenne et à l'animation de la campagne. Candidate en 10 ème place sur la liste, je serai la première non-élue. Dans cette période, je représente les Verts au sein de la Coordination pour un contrôle citoyen de l'OMC.

En 98, j'ai été co-fondatrice (avec notamment Michaël McGEE) du journal d'Ecologie et Démocratie, Réseaux, que nous avons ouvert à d'autres sensibilités et à différents partenaires de la société civile. Le dernier numéro a été publié en Février 2002 (voir nos archives sur ce site).

98, c'est aussi l'année où les Verts, sur la trace d'Ecolo en Belgique, entreprennent les Etats Généraux de l'Ecologie Politique, ou EGEP. Membre du comité de pilotage, je n'ai pu que constater une lente dérive de ce processus qui pouvait être si prometteur. Là où nos amis d'Ecolo avaient patiemment tissé des liens avec divers collectifs, associations, syndicats,… autour de thèmes débouchant sur des propositions programmatiques très concrètes, nous avons jeté des paillettes et terminé par des rencontres de plus en plus confidentielles. Il nous a manqué une méthode et une volonté politique, les EGEP ayant été en fait instrumentalisés par rapport à la communication et n'ayant pas débouché de façon large sur de réels partenariats durables et confiants.

En 1999, je deviens, au titre de ma fonction de Déléguée à l'International, représentante des Verts à La Fédération des partis Verts européens (cette fonction s'achèvera en février 2003). J'aurais aussi la chance de représenter les Verts à Seattle, premier moment d'émergence du mouvement altermondialiste. En juin 2000, je pourrai aussi porter le message de soutien des Verts à l'investiture de Ralph Nader par les Verts des USA à Denver.

En 2000, Ecologie Citoyenne, malgré ses tentatives, n'a pu passer un accord ni avec le courant Maison Verte (MC Blandin, S. Pocrain), qui désirait éviter tout côté trop radical, ni avec Autrement Les Verts (M Billard), qui aurait voulu une fusion alors que nous souhaitions un partenariat, en fidélité avec notre apport. Nous nous sommes retrouvés à 2% à l'AG. De novembre 98 à novembre 2000, j'ai alors été de nouveau membre du CNIR.

L'alliance des Verts et de la gauche montrait des signes d'essouflement. Nous n'avions guère plus de poids sur les décisions du gouvernement. Et puis, après la scandaleuse "désinvestiture" d'Alain Lipietz pour l'élection présidentielle, sommet d'une dérive anti-démocratique dans notre mouvement, ce fut la participation à l'aventure commune de Reconstruire puis de Désir de Vert. Retrouver l'enthousiasme d'un parti démocratique et convivial, reprendre de l'autonomie et du poids par rapport au PS, établir des relations continues et fécondes avec les mouvements de la société civile, tels étaient les piliers de notre engagement commun.

Dans ce cadre, je suis actuellement membre suppléante au CNIR (suppléance de Francine COMTE). Je me suis investie dans la commission finances du CNIR - que je dois quitter - et au comité de pilotage de la Réforme Participative Interne (RPI). Nous en reparlerons un peu plus tard.

11 Février 2004 : je deviens, à la suite de la démission de Yves Pietrasanta, députée au Parlement Européen pour cinq mois !
Et alors ? Retour au sommet
Alors, cinq mois, ce n'est pas beaucoup, mais…(voir éditorial en page d'accueil)
- Sortie de mon livre "Le Maire et la Mosquée, Islam et laïcité en Île-de-France" en décembre 2008

- Brochure Génocide en Tchétchénie, quelle solution au conflit tchétchène ?

- Le Traité Constitutionnel Européen. Pour un Oui Alter-européen
- Aprés le 29 mai

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